Objectif roman !

Objectif roman : comment sont nés mes deux personnages principaux ?

Voilà un long moment que je partage leur compagnie. Que je vous parle d’eux au travers de posts ou stories Instagram. Mes personnages ont investi mon esprit pour faire de mon idée d’histoire leur réalité. Ils dictent chaque mot qui tapisse mon premier jet. Ils me soufflent leurs combats, leurs désirs, leurs souffrances et leurs regrets…

Alors aujourd’hui, j’ai eu envie d’un peu mieux vous les présenter. De vous parler de leur naissance, il y a plus de deux ans maintenant. De vous parler de cette mère qui ne recule devant rien pour façonner le bonheur de sa fille. J’avais envie de vous embarquer dans leur monde. Un monde qui s’écrit encore page après page, mais que je meurs d’ores et déjà d’envie de vous offrir.

Pour commencer, si je vous livrais le pitch de ce roman ? Je me dis que cela pourrait être une bonne entrée en matière.

Le pitch de mon roman

Une mère, qui a tout sacrifié par le passé pour protéger sa fille, au prix de choix parfois durs et immoraux, se retrouve rattrapée par la vérité. Ce soir, c’est décidé, elle va tout confesser à sa fille et implorer son pardon. Pourtant, le sort va en décider autrement : celle-ci arrive aux urgences entre la vie et la mort, avant d’avoir pu entendre les aveux de sa mère.

En une seule nuit, le monde de cette femme s’effondre. Blessée, rongée par la culpabilité et la peur, elle replonge malgré elle dans les souvenirs les plus douloureux de son histoire. Elle retrace le fil de sa vie avec ses traumatismes, ses choix, sa lutte constante pour avancer et protéger ce qu’elle a de plus précieux au monde : son enfant.

Alors que la nuit la confronte aux fantômes de son passé, trouvera-t-elle la force de s’en libérer définitivement ? Aura-t-elle seulement la chance de serrer une fois de plus sa fille dans ses bras et de lui révéler sa véritable histoire ?

La naissance de Victoire

Cette femme s’appelle Victoire. Elle est venue à moi il y a quelques années déjà, lorsque j’ai décidé qu’écrire un roman n’était finalement peut-être pas qu’un simple rêve d’enfant.

Bien sûr, j’ai ce feu qui vit en moi depuis toujours. Poèmes, chansons, nouvelles… j’ai de tout temps aimé faire vivre les mots pour transmettre des émotions. Seulement, pour cette fois, j’avais besoin de les mettre au service d’une histoire qui vaille la peine d’être racontée.

Je souhaitais parler d’une femme forte. Et qui pourtant ne le sait pas. D’une femme qui fait des choix déchirants. D’une survivante. Je souhaitais aussi et surtout parler d’une mère. Parce que c’est quelque chose d’immense, d’être mère. J’en suis une moi-même, pour le meilleur et pour le pire. Je connais mieux que quiconque le poids terrible que nos décisions font peser sur les vies qui nous entourent.

Au fond, je n’imaginais pas écrire mon premier roman sur un autre thème que celui qui me touche au plus profond de mes entrailles : la maternité.

Quand j’ai tenté de dresser les contours de mon héroïne, en cherchant quelles forces et quelles failles je souhaitais faire naître, j’ai rédigé le texte suivant, viscéralement, dans un souffle :

« Être mère, c’est faire des choix. Parfois lourds et meurtriers. Parce qu’on souhaite avant tout faire le bien. Sauf qu’il arrive de temps en temps que la vie nous mette face à des choix qui n’en sont pas. Nous force à s’arracher l’une ou l’autre moitié du cœur. Pourtant, on tranche. On avance, on agit. Tout en priant encore d’avoir bien choisi. D’avoir bien pensé. Même s’il n’existe aucun manuel pour apprendre à écrire l’avenir.

Être mère, c’est se tromper. Parfois. Pécher par peur, par orgueil, par excès d’amour, par manque de confiance. C’est avoir les pouvoirs d’un dieu dans le corps d’une simple femme. Avec tous les risques que cela entraîne. Avec les forces et les faiblesses. Les intuitions et les doutes. Les vils défauts de notre triste condition humaine.

Être mère, c’est parfois dire des choses qui nous dépassent et tout de suite le regretter. C’est faillir une seconde et s’en vouloir pour des années.

Être mère, c’est chérir plus que tout son enfant et ne pourtant pas se rendre compte de l’importance qu’on a pour lui. C’est être tout, mais rester discrète. Toujours présente, mais un peu dans l’ombre. Mais pas trop non plus.

Être mère, c’est rester debout. Même quand la peur, la jalousie, la douleur nous lacèrent le cœur et l’âme. C’est sourire quand même. Et garder la voix douce. C’est dire « ne t’en fais », même quand le monde s’effondre sous chacun de nos pas.

Être mère, c’est aimer quand on est seul. Mais aussi quand on ne l’est pas assez. C’est aimer plus que soi-même, sans mesure, sans condition, au plus fort de la nuit comme du jour, mais toujours un peu dans la retenue. C’est être prête à tous les sacrifices, mais sans trop le dire non plus. C’est étouffer d’amour, sans étouffer l’objet de celui-ci.

Être mère, c’est transmettre son feu, ses passions, ses valeurs, ses convictions. Tout en laissant son enfant libre de voler par lui-même. De penser tout l’inverse. Et l’accepter.

Être mère, c’est être sans cesse la folle sérieuse. C’est danser et chanter dans le salon les soirs d’hiver, mais devenir d’un seul coup la pire des sorcières pour imposer la loi en suscitant l’indignation. C’est être celle qu’on adore puis déteste dans l’instant qui suit. Et continuer de le faire quand même.

Être mère, c’est dur, c’est terrifiant, c’est long et épuisant. C’est faire jour après jour le seul métier qui ne s’apprend pas. C’est lutter, douter, renoncer, sacrifier, prier, trembler, pleurer. Et recommencer.

Mais au fond, tout cela, je m’en fous.

Parce qu’être mère, c’est surtout la plus belle chose qui ait pu m’arriver. C’est vibrer d’un amour à nul autre pareil. Et se voir l’offrir en retour. C’est recevoir une confiance que personne d’autre ne pourra jamais nous octroyer. C’est tenir dans ses bras le destin d’un être humain et le cultiver comme un trésor, seconde après seconde. C’est construire un corps, un cœur, une âme, et l’aimer plus que tout jusqu’à son dernier soupir. »

En achevant ces quelques phrases, les yeux brouillés de larmes, j’eus la conviction profonde que Victoire était née.

Depuis, son histoire s’est étoffée. J’ai longuement travaillé sur ce protagoniste, imaginé son passé, ses repères, ses plaies, ses doutes. Une femme blessée, rongée par la culpabilité et la peur, vidée de toute confiance en elle. Mais aussi et surtout d’une femme portée par l’amour absolu qu’elle voue à sa fille. Une femme qui n’a jamais cessé de se battre pour elle, de reconstruire une vie la plus heureuse possible pour elle. Et qui lutte en silence contre les démons de son passé.

Un adversaire à la hauteur

David Defendi, auteur et scénariste, nous a un jour conseillé lors d’une masterclass de « tremper nos protagonistes dans un bain d’acide ». En d’autres termes, de ne pas laisser la vie les épargner sous prétexte qu’ils sont simplement nos personnages principaux (et qu’on a la fâcheuse tendance à les aimer un peu trop…).

Et de fait, je n’avais pas le choix. Je devais offrir à Victoire un antagoniste à la mesure de sa force et de sa résilience. C’est ainsi que son plus grand cauchemar, dont je ne citerai pas le nom aujourd’hui pour préserver le suspense, a progressivement vu le jour. Un être (in)humain comme il en existe beaucoup en secret. Un être trompeur, qui inflige des blessures incurables, des blessures à l’âme, que l’on ne voit pas. Qui camoufle sa noirceur sous un vernis d’homme parfait, de gendre idéal ou de sempiternelle victime. Un être qui demande un courage et un cran extrêmes pour être vaincu.

Il n’y a aucune trace d’un tel individu dans ma vie personnelle, cependant je connais des personnes qui ont terriblement souffert d’une telle personnalité. J’ai travaillé à comprendre ce qui se joue chez ces prédateurs. J’ai étudié leurs méthodes de manipulation, leurs mécanismes psychologiques. J’ai creusé la culpabilité qui ronge leurs proies, la honte. J’ai compris l’isolement qui se crée peu à peu. La solitude profonde de leur expérience intérieure face au vernis rutilant du monde extérieur.

L’histoire d’une mère

Toutefois, je ne souhaite pas que le cœur de cette histoire se situe autour de lui. Je ne veux pas uniquement parler d’une femme aux prises avec un pervers narcissique. Il sera son pire ennemi sur le chemin, bien sûr (et quel ennemi…). Cependant, c’est avant tout l’histoire d’une mère, de son amour brûlant, intarissable et de ses choix que je veux raconter à travers ce roman.

Pour cela, j’ai tenté d’explorer dans ma propre expérience maternelle les forces viscérales qui permettent, malgré la peur et malgré soi, de déplacer des montagnes. De faire des choix cruels, mais vitaux. Je me suis demandé ce que je serai capable d’accomplir pour mes deux filles, et que je n’imaginerai pas un instant pour moi-même. Je suis allée chercher au plus profond de cet instinct de louve qui me définit autant que toute autre part de moi-même désormais.

Je suis allée puiser dans le doute aussi. Celui qui coupe les ailes et brûle l’instinct. Qui terrasse les certitudes même les plus primitives. Et enfin dans la force qui nous consume, quand on n’a pas le choix, quand il faut être insubmersible malgré soi. C’est peut-être idiot, mais je pense souvent à cette phrase de Bob Marley, qui a inspiré à raison bien des épigraphes de roman : « Tu ne sais pas à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort devient ta seule option ». J’ai presque envie de la reformuler pour l’occasion :

« Tu ne sais pas à quel point tu es forte, jusqu’au jour où tu deviens mère ».


À vous la parole, maintenant. Est-ce un sujet qui vous touche ? Avez-vous envie de lire un roman basé sur ce thème ? N’hésitez pas à m’en dire plus en commentaires ! Et surtout, dites-moi également si vous souhaitez avoir de temps en temps des nouvelles, sur l’avancée de mon roman !

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